Résumé

2 OCTOBRE 2025

Cayce Pollard est une “chasseuse de cool”, ça veut dire qu’elle travaille dans le marketing pour identifier les tendances et designs de demain. En parallèle, elle est très impliquée dans un forum internet qui enquête sur des extraits de films inconnus fascinant. Ses deux mondes vont se rejoindre pour lui permettre d’avancer dans ses recherches.

Une déception passionnante au service d’une intrigue du web.

Une écriture de SF mais pas de SF

L’écriture est saccadée et technique. Des phrases très courtes faisant usage de terminologies et de concepts précis. L’auteur, connu pour ses oeuvres cyberpunk, nous décrit les environnements, les gens et les objets par des marques, des références culturelles, des désignations numériques. De sorte qu’il m’a bien fallu une dizaine de pages pour me rendre compte que le cadre proposé n’est pas futuriste. Le protagoniste est juste dans une cuisine, de nos jours, normale. Une fois habituée à ce style c’est très amusant de s’attacher aux idées qu’il explore. Le métier de notre héroïne, “chasseuse de cool”, le jet-lag, un retard d’âme…

Il a raison de suivre ses personnages

Ok je n’aime pas laisser un personnage au bord de la mort pour aller suivre une gamine dans une bibliothèque, selon mon échelle de valeur, elle peut attendre. J’admets quand même qu’il sait bien amener les situations initiales. Pas de lourdeurs de description, mais une élégance pour s’attacher à des éléments originaux et immersifs. Tous les personnages, y compris secondaires, ont du relief et l’exposition au monde est fluide.

L’art caché dans le web

Ce livre a été écrit en 2003. En le lisant, je ne peux m’empêcher de penser à toutes ces enquêtes et mystères du web qui font l’objet de podcasts ou vidéos de nos jours. Je suis très friande de ces contenus sur les musiques secrètes, les images cachées, les forums d’enquêtes, les histoires mystérieuses… Ce thème, lu aujourd’hui, réveille la nostalgie du possible que le labyrinthe du web a créée. J’aime l’idée que des personnes trouvent en son sein un autre sens à leur vie, un multivers, vers plus d’art, de beauté, d’échanges et de partages.

Est-ce que c’est de la science-fiction, si ça a lieu à notre époque, dans notre mode, dans la réalité, mais dans une perception du monde qui nous échappe complètement ?

 

La dernière fois que je l’ai vu avoir une place dans une histoire, c’était Ghostbusters. Décidément, il joue toujours les méchants. Il a marqué les esprits aussi.

Citations

Elle est venue aux frais de Blue Ant. Une petite société (en termes de personnel permanent), installée à l’international. Plus postgéographique que multinationale. Cette agence s’est dès le début vendue comme une forme de vie rapide et efficace dans une écologie publicitaire de mastodontes herbivores.
 
Un carré de trente-sept centimètres cinq, portant le logo à la fois austère et fantasque de Heinzi & Pfaff. Fermée avec l’un de ces dispositifs antidiluviens et hors de prix, composé d’une longue ficelle et de deux petits boutons de carton marron.
 
La question n’est pas de savoir si j’aime, Bernard, répond Cayce en se retournant vers Stonestreet. C’est comme une cette moquette roulée, là-bas . Soit elle est bleue, soit elle ne l’est pas. Je n’investie aucune émotion dans son éventuelle bleuité…
 
Je consulte pour des designs. Et je chasse le “cool” ajoute-t-elle pour rendre la conversation plus palpitante. Mais je n’aime pas cette dénomination. Les fabricants m’emploient pour les tenir informés de la mode de la rue.
 
Londres s’éloigne, Tokyo refuse d’approcher.
 
-Alors, Tokyo après les dévaluations, c’est comment ? demande-t-il depuis le canapé de Damien. -ça ressemble plus à maintenant qu’avant. Cayce utilise souvent cette phrase de Dwight David Eisenhower quand elle n’a rien à dire.
 
Et quand elle réussit à parler, elle se réveille, balayée par la peine et la terreur et la prise d’une décision. Mais elle ne sait pas laquelle, ni par qui. Et doute de le savoir un jour.
 
Il faut toujours laisser une place à la coïncidence, selon Win. Quand on ne le fait pas, on tombe fatalement dans l’apothénie. Chaque chose devient partie intégrante du schéma global d’une conspiration. Et en se confortant dans la symétrie parfaite du tout, d’après lui, on a trop de chances de rater la vraie menace, toujours moins symétrique, moins parfaite. Mais qu’il supposait toujours être là, elle le savait.
 
Maintenant, nous disons que tout ce que Lénine nous a appris du communisme était faux, et ce qu’il nous a appris du capitalisme était vrai.
 
Puis ils étaient partis pour les fouilles, où le tournage de Damien était en train de se terminer. Et où sans trop savoir pourquoi, elle était descendue dans une tranchée, creusant frénétiquement dans la boue grise et les os, le visage strié de larmes. Ni Peter ni Damien ne lui avaient posé de question. A présent, elle sait ce qu’elle aurait répondu. Qu’elle pleurait pour son siècle. Le précédent ou l’actuel ? Elle-même l’ignorait.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *