LA MAISON DES JEUX

J’ai regroupé ici les 3 tomes de la Maison des Jeux, sachant que chacun a su me captiver et m’engager à différents niveaux. Les livres sont courts et efficaces. Ils sont vraiment conçus comme une partie de jeu : c’est réfléchit, stratégique, intelligent. Il n’y a pas de mot, de phrase, ou d’action qui n’aient de sens. Le déroulé est méthodique :  le défi, l’enjeu, la découverte du jeu, la mise en place de stratégies, la prise en compte des stratégies adverses, le résultat… sans oublier bien sûr les coups trop rapides, trop fourbes, surprenants, audacieux.

Et, tout cela, s’inscrit dans la main de joueurs qu’on accompagne, qu’on encourage, qu’on soutient. Chaque personnage de part son histoire et son vécu a son style de jeu, nous ne les connaissons qu’au vu des informations qui peuvent nous être utiles pour le jeu.

La narration nous oblige à prendre part aux évènements, elle nous intègre en spectateur actif de la partie. Le lecteur a une place à l’intérieur du livre au côté de ce narrateur omniscient et inconnu : il est lui-même extérieur aux évènement et à la fois si proche. Il se joue un peu de nous dans sa manière de nous amener avec lui, de nous divulguer des informations Cette narration colle extrèmement bien aux propos.  

Dans le Serpent, je suis déstabilisée par la structuration des paragraphes. La première phrase est toujours l’essentielle mais elle est tournée de manière à être incompréhensible sans les suivantes qui posent le contexte. C’est très habile l’important est là mais vous n’y avez pas accès avant de comprendre le reste.

Dans le Voleur, une nouvelle manie de l’auteur attire mon attention : à chaque fois que le récit croise un personnage même le plus anodin, nous ne le quittons pas sans savoir brièvement quel sera son avenir. Peut-être une manière de rappeler que chacun est un pion d’une partie différente, ou que chacun suit sa propre histoire.

Dans le Maître,  la partie a trop d’envergure pour qu’on puisse suivre chaque coup et stratégie : elle se rapproche vraiment du pire cauchement du plus acharné des complotistes. Par contre, à nouveau, ce sont les gens qui prennent de l’envergure. Deux points de vue sur la structuration de l’humanité s’affrontent. Cette fois, ce n’est pas l’histoire de chaque figurant qui transparait mais son opinion, son avis sur une chose du monde. Considérant les profils de chacun, les positions apparaissent très en accord avec leurs personnages.

Et vous,  vous aimez les jeux de stratégie ?

CITATIONS

Plus Jacomo est Bruyant, plus elle s’efface, si bien que cessent jusqu’aux murmures concernant son caractère : il semble aux épouses cancanières de Venise qu’elles n’ont là plus personne contre qui murmurer – ni fille de marchand ni épouse de jouerur, ni femme ni juive, ni Thène elle-même – mais seulement de la glace. Comment prendre le moindre plaisir à comploter contre l’hiver ?

Comment la Maitresse des Jeux savait-elle que (nom propre) allait mourir ? nous demandons-nous. Nous nous le demandons, oui. Et non. Trop se le demander semble peu sage et ne nous aiderait en rien.

Le Valet d’Epée est assis, une jambe sur la table, les mains croisées derrière la tête. Est-il possible de se dandiner en restant assis ? Si oui, il y parvient.

Plus Jacomo est Bruyant, plus elle s’efface, si bien que cessent jusqu’aux murmures concernant son caractère : il semble aux épouses cancanières de Venise qu’elles n’ont là plus personne contre qui murmurer – ni fille de marchand ni épouse de jouerur, ni femme ni juive, ni Thène elle-même – mais seulement de la glace. Comment prendre le moindre plaisir à comploter contre l’hiver ?

Comment la Maitresse des Jeux savait-elle que (nom propre) allait mourir ? nous demandons-nous. Nous nous le demandons, oui. Et non. Trop se le demander semble peu sage et ne nous aiderait en rien.

Le Valet d’Epée est assis, une jambe sur la table, les mains croisées derrière la tête. Est-il possible de se dandiner en restant assis ? Si oui, il y parvient.

Je souris à cet homme dont la barbe triomphante et la casquette crasseuse déclaraient qu’il servait d’abord les océans, ensuite la belle France. Poséïdon était son dieu et l’eau son amante : Liberté, Egalité et Fraternité ne seraient admises à bord que si elles étaient disposées à ramer.

A 00 :12, le premier avion passa, lent et bas, ronflant comme une abeille obèse fatiguée du labeur de la vie.

La vie sauvage a apprivoisé la civilisation

Dehors, les ventilateurs extracteurs ajoutent à la chaleur déjà miroitante jusqu’à ce que l’air même semble fondre et couler sur la peau en un désespérant déluge de transpiration.

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