Résumé

17 septembre 2025

Une jeune fille, passionnée d’histoires d’horreur et d’art, nous partage son quotidien dans son journal. Un jour la voisine du dessus est tuée, ce qui lui donne l’occasion de mener l’enquête.

ATTENTION, C’EST TELLEMENT DUR et TELLEMENT, RICHE.
J’adore quand la hype a raison, cette œuvre reste dans votre tête.
Dix vies en quelques pages

On se doutait que la vie de la voisine assassinée, rescapée des camps de guerre, ne devait pas être joyeuse, mais elle est loin d’être la seule. C’était sous-estimer la rudesse du Chicago des années 60. Tous les personnages que nous croisons nous emmènent dans leur plus sombre intimité. Et nous en croisons des personnages : des hippies, des gangsters, des mini-gangs, des marginaux, des prostitués, des métis, des homosexuels, des alcooliques, des sœurs…

Artistiquement foisonnant de savoirs

Graphiquement, l’œuvre est unique. Barbouillée, énervée, raturée, avec des outils d’écolière, l’autrice s’attache à la justesse de la représentation plus qu’à un soin esthétique. Pourtant, ne vous y trompez pas : la connaissance en histoire de l’art est magique. Les affiches des films d’horreur de la culture populaire de l’époque se mêlent aux œuvres classiques du musée et aux tatouages de son frère. Cette enfant nous apprend à voir.

Un œil de petite fille

Parce que le regard est décalé, joueur, on ne le voit pas de suite : ce sont les tribulations d’une enfant à l’imagination incroyable. Puis, en y réfléchissant, on comprend que chaque morceau de son univers fantasmé trouve une origine dans son quotidien. Elle se veut monstre pour ne pas affronter sa réalité, elle communie avec l’art parce que c’est le cadeau de son frère, elle enquête parce qu’elle a perdu une amie…

Et vous, quel pouvoir votre imagination a-t-elle sur votre vie réelle?

Citations

Moi, quand je serai grande, je serai une zombie (faite d’obscurité, de toujourité, et de trucs comme ça), donc j’aurai pas peur de la mort. Les zombies, à être ni vivant ni mort, là-bas dans l’obscurité, ça a pas de “problème d’estime de soi”. Et puis la “Lumière”, c’est pas aussi extraordinaire que c’qu’on dit. Une seule visite dans les sous-sols des bazars genre Goldblat, avec votre mère et une flopée d’autres dames qui se battent sous l’éclat des néons pour des trucs comme des théières ébréchées ou des culottes avec les jours de la semaine mal écrits dessus (maredi, mèrecredi), ça suffit pour bien voir la façon dont la lumière, ça fait de la vie un truc pourri et suintant…
 
Bon, bien sûr, le démon c’est un souci, mais quelque chose d’autre dans son passé torture la dame du tableau.
 
vesica piscis : La vesica piscis est la forme géométrique déterminée par l’intersection de deux disques de même diamètre ayant chacun son centre sur la circonférence de l’autre. Forme d’amande très appréciée dans l’art.
 
Alors au lieu du signe de paix, j’ai fait des guillemets avec mes doigts pacifiés.
 
Un nazi, c’est quelqu’un de si nase qu’il ne voit pas sa propre cruauté…si nase qu’il ne se rend pas compte qu’elle va le détruire lui-même !
 
Alors tu vois queq’chose…et ça t’fait sentir queq’chose…et ça, ça t’rappelle un tableau que t’as vu une fois? Moi, j’appelerais ça la soupe à l’indice !
 
Le mot “après-coup” m’est venu à l’esprit. Je crois que ça veut dire qu’après quelque chose de terrible, on se prend toujours un autre coup sur la tête.

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